Critique Fantasia 2014 : Kumiko the Treasure Hunter – Le trésor pathétique


Kumiko the Treasure Hunter, David Zellner

This is a true story. Tel est la première phrase du grand classique du cinéma américain Fargo des frères Coen. Pendant longtemps, cette fausse prémisse d’une vraie  histoire a alimenté la légende urbaine sur les événements qui sont dépeints dans Fargo. De ce faux fait divers est née une autre légende : celle de Takako Konishi. Cette Japonaise qui fut retrouvée dans les eaux du lac Détroit et dont la présence au Minnesota fut associée à sa quête de la valise d’argent caché à la fin du film. Une légende urbaine, inspiré d’une autre légende qui inspire, à son tour, les frères Zellner pour créer une histoire de fiction. Vous suivez toujours? J’espère! Car Kumiko the Treasure Hunter est un joli bijou de Fantasia!

Kumiko, c’est cette fille de bureau, visiblement blasé, et probablement déprimé qui ne semble motivé que par une chose : les chasses au trésor. C’est ainsi qu’elle tombe sur une mystérieuse VHS : le film Fargo. Elle découvrira que cette histoire est une vraie  histoire et qu’à la fin, une mallette d’argent est cachée dans la neige sur le bord d’un champ. Kumiko sera alors convaincu que son destin est désormais découvrir le butin. Tel un conquistador espagnol en terre du Nouveau Monde!

Je l’avouerai d’embole : j’adore le film Fargo. Il est dans mon top de mes films préféré. Celui-ci mène la trame de fond et est amplement référencé tout au long du film. Tout pour plaire au fan en moi. Mais bien au-delà de la « blague » et des références du film des frères Coen, on retrouve en Kumiko the Treasure Hunter un film tout aussi pathétique que touchant.

Car la quête de Kumiko, nous le savons d’emblée, est complètement absurde. Pourtant, le jeu de Rinko Kikuchi est extraordinaire. Cette actrice est solide, pour tous ses rôles et encore une fois elle nous offre une composition parfaite. Son personnage est d’un pathétisme incroyable. Sa quête devient de plus en plus aussi stupide que ses actions. Pourtant, Kikuchi sait nous offre une performance tout en douceur, détresse, pathos et en nuance. Kumiko n’est pas qu’une idiote. C’est un être en profond malaise et en recherche de soi. Elle parle peu et pourtant on ressent tout son mal d’être. Un pari probablement risqué pour le réalisateur David Zellner qui a fait le bon choix en confiant cette tâche aussi subtile que complexe, à cette actrice incroyable.




Kumiko the Treasure Hunter c’est ce genre de film qui sait habillement jouer sur la forme sans être lourd pour autant. Une fiction traitant d’une légende urbaine issue d’une fausse légende urbaine de fiction! On reprend plusieurs thèmes de Fargo, certes. Fait divers pour alimenter la fiction ainsi qu’une quête pathétique, mais, au final, douce-amère. On retrouve ce genre d’élément dans Kumiko mais on est loin d’une vulgaire copie. C’est habile, c’est beau, c’est triste, c’est pathétique. C’est réussi! Un gros coup de cœur pour ma part! À voir!


On applaudit pour : Tout! L’idée, l’écriture, la mise en scène, les images! Pour Rinko Kikuchi qui est admirable et qui mène le film sur ses épaules avec son talent incroyable! On aime aussi pour ses références au film Fargo. À voir pour tous ceux qui ont vu le classique des Coen!

On boo-urns pour : Peut-être pour ceux qui n’aurait pas vu Fargo? Légèrement hermétique? En fait, je n’en sais trop rien. Je crois que le film peut vivre par lui-même, mais est vraiment plus intéressant et pertinent avec les référents du film sur lequel tout s’inspire.

Mention spéciale : Bunzo! Le lapin qui offre une money shot avec son petit regard à la caméra. #teamBunzo !



Article par Yanick Lampron

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