Critique Fantasia 2014 : Angry Video Game Nerd : The Movie – Long préambule

Angry Video Game Nerd : The Movie, James D. Rolfe et Kevin Finn

Il est connu par un nombre astronomique de geek ou amateur de jeu vidéo, surtout rétro. Il est une icône du genre, un précurseur des critiques de jeu –pourris- du YouTube. Ils préparaient depuis un bon moment ce projet complètement déjanté de faire un long métrage sur les aventures du Nerd. Et quel meilleur endroit pour visionner un tel délire qu’une sale complète du théâtre hall de Concordia?

AVGN : The Movie nous présente le Nerd (James D. Rolfe) au sommet de sa gloire. Peu importe le mal qu’il puisse dire sur un jeu, ses fans se ruent pour l’essayer a leur tour pour voir à quel point, le jeu est merdique. Le Nerd se questionne alors : pourquoi mettre les gens en garde contre les jeux horribles si les gens y jouent de toute façon? Car les fans du Nerd n’ont qu’une seule idée en tête : voir leur idole critiquer le jeu le plus pourri de tous les temps. E.T. à l’Atari! S’en suivra une aventure rocambolesque impliquant l’armée, les créateurs de la suite de E.T., l’Area 51, des extra-terrestres et même, des Monstres géants!

Le long métrage du AVGN, réalisé par James D. Rolfe et Kevin Finn, c’est vraiment le délire total des créateurs de la série. On sent qu’ils désiraient mettre en scène tous les styles sans trop de limites, outre le budget. Ce qui donne un résultat rigolo, sans limites, au look complètement cheap, mais assez absurde. Niveau délire, on s’amuse. Mais sinon, on s’essouffle rapidement de les voir tirer dans tous les sens pour nous en mettre plein la vue.

Car ici, on a droit à un long-métrage basé sur la série. Et dans long-métrage, il y a le mot long. Ce qui n’est pas une chose. Car le film est beaucoup trop long. On part d’une websérie, des épisodes d’une dizaine de minutes et on transpose l’aventure épique du Nerd en près de 2h! (110 min. pour être précis). Je considère qu’on aurait eu avantage à réduire le film à 80 minutes. L’aventure nous présente également beaucoup de nouveaux personnages. Si le commandant d’armée vous fera certainement rire par son zèle meurtrier, d’autres personnages seront probablement un peu moins mémorables.

Je suis très heureux d’avoir vu ce film à Fantasia, avec une foule de 700 personnes complètement en délire. Car je doute que ce film soit le genre que l’on écoute seul chez soi en rigolant. Hélas, AVGN : The movie souffre de sa réputation et surtout, son médium original. Des capsules web comme matériel d’origine pour faire un (très) long métrage? On ratisse très large tout en étant très loin du style original. Ce qui rend le film trop hermétique pour les non initié et peu semblable à la websérie.



AVGN : The movie n’est pas nécessairement mauvais. James D. Rofle est toujours bien hilarant dans son rôle du Nerd et le film est totalement généreux avec ses fans. Le long-métrage peut pratiquement être considéré comme une déclaration d’amour et un remerciement de 110 min. pour les 10 ans du AVGN. Cependant, le film se perd dans ses longueurs et contient beaucoup trop d’intrigues secondaires pour garder l’attention de son spectateur. De plus, la majorité des personnages sont peu intéressants outre le Nerd, ce qui fait que chaque scène sans celui-ci devienne une longueur de facto. Les auteurs auraient dû assurément raccourcir leur film et surtout, réfléchir à la mise en distribution du film. Car j’ai bien peur qu’il ne demeure un objet difficilement rattaché à la websérie originale.


On applaudit pour : L’effort! Tourné avec des bouchées de pain et beaucoup de gens généreux. On aime l’humour du Nerd et les références aux différents genres présents dans le film. Une grosse déclaration d’amour pour les jeux vidéo, mais pour les films gore, sci-fi et de kaiju!

On boo-urns pour : Long … Trop long. Pour les personnages secondaires peu intéressants (à la limite désagréable). Au manque de cohésion dans le récit et le manque de synergie entre la websérie et le long métrage.

Mention pas spéciale : Le Q&N après le film. Probablement le plus futile que j’ai vu depuis des années.


Article par Yanick Lampron

0 comments :

Publier un commentaire